Co-enseignement
Comment cela fonctionne ?
1. découvre
Le co-enseignement s’inscrit dans un contexte éducatif en mutation, notamment avec le Pacte pour un Enseignement d’excellence, qui vise une école plus inclusive face à l’hétérogénéité croissante des élèves. L’allongement du tronc commun et l’intégration progressive de l’enseignement spécialisé renforcent cette nécessité de collaboration entre enseignants.
Dans ce cadre, le co-enseignement apparaît comme un levier efficace : il permet d’adapter les pratiques, de mieux accompagner les élèves et de différencier plus facilement les apprentissages en classe.
2. Je comprends
1. Co-enseignement en ateliers différenciés avec IA
Les deux enseignants organisent la classe en trois ateliers de 8 élèves. Chaque groupe tourne toutes les 20 minutes.
Atelier 1 – Enseignant A
Travail guidé sur la notion principale du cours. L’enseignant explique, reformule et vérifie la compréhension.
Atelier 2 – Enseignant B
Exercices d’application et résolution de problèmes avec accompagnement méthodologique.
Atelier 3 – Autonomie numérique / IA
Les élèves utilisent un outil numérique ou une IA (chatbot pédagogique, générateur d’exercices, quiz adaptatif).
Les 6 élèves en difficulté y trouvent :
- des reformulations simplifiées
- des exemples supplémentaires
- un rythme d’apprentissage plus lent.
Ce dispositif permet aux enseignants de suivre plus précisément les élèves fragiles, tout en maintenant un travail actif pour l’ensemble de la classe.
2. Co-enseignement avec groupe de remédiation assisté par IA
La classe travaille collectivement sur une activité principale.
Enseignant A mène l’activité avec 18 élèves qui ont le niveau attendu.
Enseignant B prend les 6 élèves en difficulté pour une séquence de remédiation.
Dans ce groupe réduit :
- les élèves utilisent une IA pour reformuler la leçon, générer des exemples ou poser des questions ;
- l’enseignant accompagne l’utilisation de l’outil pour développer la compréhension et la méthode de travail.
Après la remédiation, les élèves réintègrent la classe pour appliquer les connaissances dans l’activité commune.

3. Co-enseignement en tutorat augmenté par le numérique
Les enseignants organisent un système de tutorat entre pairs.
Les élèves sont répartis en 12 binômes.
Dans chaque binôme, un élève plus à l’aise accompagne un élève ayant plus de difficultés.
Les 6 élèves les plus fragiles disposent en plus :
- d’un assistant IA pour poser des questions,
- d’un outil de génération d’exercices supplémentaires,
- d’une capsule vidéo explicative accessible en autonomie.
Les enseignants circulent dans la classe pour guider les échanges et vérifier que les outils numériques sont utilisés de manière pertinente.
4. Co-enseignement avec parcours d’apprentissage personnalisé
Les enseignants proposent trois parcours différents :
- Parcours approfondissement (8 élèves)
- Activités complexes et projets.
- Parcours standard (10 élèves)
- Exercices progressifs et activités d’application.
- Parcours soutien numérique (6 élèves)
Utilisation d’outils numériques ou d’IA :
- explications simplifiées,
- entraînements adaptatifs,
- feedback automatique.
Les deux enseignants alternent entre les groupes pour éviter la stigmatisation et garantir un accompagnement pédagogique.
5. Co-enseignement avec classe inversée assistée par IA
Avant la séance :
- Les élèves consultent une capsule vidéo ou un support interactif.
- Les 6 élèves en difficulté peuvent utiliser une IA pour poser des questions ou demander une explication simplifiée.
En classe :
- Enseignant A anime des activités d’application et de débat.
- Enseignant B accompagne les élèves qui ont encore des difficultés.
- L’IA sert alors d’outil de révision rapide ou de clarification pendant l’activité.

L'idée pour ce site était d'avoir une certaine cohérence graphique. A cette fin, il fallait des illustrations faisant partie d'une même famille, ce qui est loin d'être évident avec des Creatives Commons MAIS utiliser l'IA a des conséquences écologiques pour un produit qui n'est pas toujours qualitatifs comme nous pouvons le constater ici.
3. J’applique
Dans un processus de coenseignement, les enseignants peuvent adopter différents rôles afin de collaborer efficacement et de mieux répondre aux besoins des élèves :
- L’enseignant principal : conduit l’activité et structure la séance.
- L’enseignant soutien : accompagne les élèves en difficulté ou reformule.
- L’observateur : analyse les comportements, interactions ou difficultés des élèves.
- Le facilitateur : aide à la gestion des groupes et au climat de classe.
- Le médiateur : favorise la communication et la résolution de conflits.
- Le spécialiste disciplinaire : apporte une expertise précise dans une matière.
- Le technopédagogue : accompagne l’usage du numérique et des outils IA.
- Le différenciateur : adapte les supports, consignes ou niveaux.
- Le tuteur : accompagne individuellement certains élèves.
- Le coanimateur : partage l’animation de la séance à parts égales.
- Le gestionnaire d’ateliers : prend en charge un groupe ou une activité spécifique.
- Le régulateur : ajuste le rythme et l’organisation selon les besoins.
- Le modélisateur : montre une démarche, une stratégie ou une méthode.
- Le référent inclusion : veille aux besoins spécifiques et à l’accessibilité.
- Le coordinateur : organise la préparation, la répartition des tâches et le suivi pédagogique.
4. J’analyse

Témoignage d’une enseignante en co-enseignement
« Quand on nous a proposé de travailler en co-enseignement, j’étais honnêtement sceptique. J’avais l’habitude de gérer ma classe seule, avec mes repères, mon rythme, mes supports. L’idée d’être deux dans la même classe me semblait floue, voire compliquée à organiser.
Les premières séances ont confirmé mes doutes. On était côte à côte, mais sans réelle coordination. Parfois, on intervenait en même temps, parfois on se marchait un peu dessus, et les élèves eux-mêmes ne savaient pas toujours à qui s’adresser. Ce qui a vraiment changé les choses, c’est quand on a décidé de clarifier nos rôles. Par exemple, sur une séance de compréhension de texte, je prenais en charge le groupe principal avec l’activité de base, tandis que mon collègue travaillait avec un petit groupe d’élèves en difficulté, à côté, avec un support simplifié et plus guidé.
Concrètement, ça a tout changé. Avant, ces élèves décrochaient dès les premières minutes. Là, ils entraient dans la tâche, posaient des questions, osaient se tromper. Pendant ce temps, je pouvais avancer avec le reste de la classe sans être constamment interrompue. On a ensuite testé d’autres modalités. Par exemple, en math, on a mis en place des ateliers : un atelier avec moi pour manipuler, un atelier avec mon collègue pour revoir une notion, et un atelier en autonomie avec une fiche guidée. Les élèves tournaient toutes les 15 minutes.
Au début, j’avais peur du bruit et du mouvement, mais en structurant bien les consignes et le timing, ça s’est très bien passé. Et surtout, j’ai vu des élèves habituellement passifs s’impliquer davantage, parce qu’ils étaient dans des groupes plus petits et avec des tâches plus accessibles. Ce que j’ai aussi découvert, c’est la richesse de l’observation. Quand je suis en posture “un enseigne, l’autre observe”, je repère des choses que je ne voyais pas avant : un élève qui bloque toujours au même moment, un autre qui a compris mais n’ose pas répondre, un groupe qui fonctionne bien ou pas du tout.
On utilise ensuite ces observations pour ajuster la séance suivante : modifier une consigne, prévoir une aide supplémentaire, ou au contraire proposer un défi pour certains élèves. Évidemment, ça demande de l’organisation. On prévoit un court moment avant la séance pour se répartir les rôles, et parfois un débriefing rapide après : qu’est-ce qui a fonctionné ? qu’est-ce qu’on change ? Mais ce temps est largement compensé par ce qu’on gagne en efficacité en classe.
Aujourd’hui, je ne vois plus le co-enseignement comme une contrainte, mais comme un levier. Je ne suis plus seule face à l’hétérogénéité. On peut vraiment adapter l’enseignement en direct, sans attendre la séance suivante. Ce qui me marque le plus, c’est l’impact sur les élèves : moins de décrochage, plus de participation, et surtout le sentiment que chacun peut avancer à son rythme. On ne fait pas forcément plus de choses qu’avant, mais on les fait mieux, et surtout au bon moment. »
5. Je synthétise

6. J’évalue
Game
7. Je vais plus loin

Cet ouvrage propose une réflexion sur le coenseignement comme alternative au modèle traditionnel « un professeur, une classe ». Il met en évidence les avantages d’une approche collaborative plus adaptée à l’hétérogénéité des élèves et aux besoins du terrain. À partir de recherches et d’exemples concrets, le livre fournit des outils pratiques pour organiser la coplanification, la communication entre collègues et la coévaluation. Il aborde également les difficultés possibles afin d’aider les enseignants à construire une collaboration souple, progressive et efficace.

Harent, R. (2023). Le coenseignement en pratique. Retz.